Renforcement des services de santé et des infrastructures essentielles
03/10/2005
Rapport sur les services administratifs publié dans le British Medical Journal (revue médicale britannique)
Paris, France (3 octobre 2005) – Un article paru aujourd’hui dans le British Medical Journal (revue médicale britannique) souligne le besoin d’efforts accrus au niveau du renforcement généralisé et équilibré des infrastructures de santé en Afrique. Un investissement coordonné sur de nombreux services souvent sous-estimés tels que la capacité de gestion, la gestion financière et d’achat, l’approvisionnement et la distribution, la gestion de l’hygiène et des déchets, est essentiel pour améliorer la qualité des traitements et des soins. Ceci d’autant plus que les gouvernements africains et la communauté internationale ont mobilisé des ressources sans précédent afin de fournir des traitements et des soins aux patients atteints du VIH/SIDA et d’autres maladies chroniques.
« Pour développer le système de santé, nous avons besoin de services administratifs cohésifs et qui fonctionnent correctement dans les infrastructures de santé », explique le Dr Lola Dare, auteur de l’article. « L’accès à des traitements et des soins de qualité nécessite une meilleure collaboration entre les gouvernements, les partenaires et fonctions de direction, de ressources humaines, de finance, d’approvisionnement et de distribution. Il faut promouvoir le renforcement et l’intégration de ces fonctions. »
La difficulté d’accès à de nombreux médicaments (antirétroviraux entre autres) dans les pays en développement souligne l’impact des services administratifs sur l’accès aux traitements et aux soins. L’incapacité des institutions à organiser un approvisionnement centralisé, à évaluer la consommation et à établir des prévisions constitue une barrière importante au ravitaillement et à la distribution de médicaments. Une capacité institutionnelle renforcée permettrait d’augmenter le nombre de personnes ayant accès aux médicaments nécessaires pour leur traitement et leur survie.
« La communauté internationale a débloqué plusieurs milliards de dollars pour fournir des traitements par antirétroviraux aux personnes atteintes du VIH/SIDA. La plupart des pays disposent à présent des fonds et des médicaments nécessaires, mais moins de 5 % des patients en attente d’antirétroviraux en Afrique y ont accès. », explique Anne Reeler, directrice d’exploitation chez Axios et co-auteur de l’article. « L’obstacle majeur est à présent la capacité insuffisante des institutions de santé à fournir des soins et des médicaments de qualité aux patients. L’expérience du réseau institutionnel d’Axios dans 81 pays nous permet d’avancer que la capacité institutionnelle actuelle en Afrique ne peut servir au mieux que 10 % des patients en attente de soins et de traitements contre le VIH. »
La réhabilitation du Muhimbili National Hospital (hôpital national de Muhimbili), actuellement entreprise grâce à un partenariat établi par Axios entre le gouvernement de Tanzanie et la fondation Abbott Fund, est un bon exemple de programme réussi. Les domaines d’intervention principaux sont la gestion des hôpitaux et des patients, les ressources humaines et la formation du personnel, la rénovation et l’équipement du laboratoire central de pathologie, la construction d’un service de consultations externes sur trois étages, la durabilité financière et la technologie de l’information. Le Muhimbili Hospital est désormais en mesure de fournir des soins de haute qualité aux patients et représente un exemple à suivre pour les autres hôpitaux de Tanzanie. Les fonds internationaux se libérant, le Muhimbili Hospital devrait rapidement devenir un modèle régional capable d’étendre son influence à d’autres secteurs où les services administratifs adéquats ne sont pas encore en place.
Un autre programme innovant, centré sur la mise au point du système de santé dans le contexte des services administratifs, est actuellement mis en place dans l’État du Ondo, au Nigeria. Cette initiative audacieuse mise sur un investissement dans les ressources humaines pour améliorer le fonctionnement du système de santé et permettre d’identifier les modifications nécessaires à l’amélioration de l’efficacité et de la rentabilité des services de santé de cet État. Les partenariats réunissent des acteurs clé, l’état, la communauté, le secteur privé et des agences de développement, et plusieurs études basées sur les faits sont utilisées pour influencer la politique officielle.
L’article met en avant le manque d’efficacité des systèmes d’approvisionnement et de distribution. Il est en effet fréquent que les infrastructures de santé ne parviennent pas à optimiser leurs investissements et que la chaîne logistique soit parasitée par des processus mal définis. L’absence de systèmes d’information internes et d’évaluation entraîne des prévisions imprécises et des prises de décision aléatoires. La gestion financière reste difficile et fragmentée, nécessitant un financement à long terme de l’administration centrale. Une meilleure mise au point des décisions et de la direction permettrait de protéger les intérêts publics en rendant les services sociaux accessibles à toute la population et en établissant ainsi un système de santéplus juste et plus adapté.
Contact presse
Lisa Menning, Directrice de la communication et de la sensibilisation
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